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VIVRE – et bien vieillir

 » Je lutte tous les jours contre ce système qui consiste à lutter contre le vieillissement. Cela signifie que je m’emploie à rajouter de la vie aux années et pas des années à la vie »

HAMID, infirmier.

VIVRE est un ouvrage rassemblant les textes de Cécile Coumau et les photographies de Céline Gaille et Fabrice Rondon. Il a été édité par les ateliers Henry Dougier en mars 2018.

Cet ouvrage m’a interpellé par sa première de couverture dont le titre apparait en lettres majuscules : VIVRE. Ce titre imposant, tel un cri du cœur, une affirmation que nul ne peut contester vient se greffer sur le portrait d’une femme, dont les rides n’ont d’égales que le temps qui passe et dont la beauté jamais ne trépasse.    

VIVRE est une invitation au voyage dans le temps, à la découverte du monde, aux rencontres et à tous ces évènements constitutifs de la vie, à travers le témoignage d’hommes et de femmes résidants en maison de retraite. Cet ouvrage rappel avec douceur et conviction, que le terme VIVRE prend également tout son sens au sein d’une maison de retraite.

Avec le temps, chacun d’entre nous sommes marqués par la perte : celle d’un emploi, d’une maison, d’un proche, d’une capacité physique, ou intellectuelle. Et quand bien même la douleur peut être vivace, rien ne nous empêche d’y laisser entrer des moments d’extase, de douceur, de bonheur et de paix.  

D’ailleurs, lorsque l’on pousse la porte des chambres des résidants en maison de retraites, c’est une collection d’objets et de photographies qui ornent murs et meubles, retraçant ainsi les moments phares de leur existence qu’ils partagent notamment avec le personnel soignant. « Cela leur permet de montrer une autre image d’eux même, à ceux qui prennent soin d’eux au quotidien. »   

« Ne plus voir une personne par ses manques, par le prisme de la dépendance mais par ses pleins, ses dons. 

Parole d’un soignant

Mais leurs vies ne se limite pas à se remémorer, ils continuent d’apprendre, de partager, de se dépasser et de cultiver leurs loisirs à travers des ateliers de jardinage, de lecture, ou de création d’œuvres collectives. D’ailleurs, comme en témoigne RAOUL, résident de la maison de retraite, bien vieillir pour lui c’est : « rester curieux jusqu’au bout et ne rien dramatiser. » 

Mon avis sur cet ouvrage

Lorsque ma lecture s’est achevée, mes sentiments étaient ambivalents. 
A plusieurs reprises, je me suis demandée si cet ouvrage n’était pas un peu trop policé. Je me suis dis en mon fort intérieur : « les médias ont déjà fait l’étalage des drames qui perdurent en maison de retraite, nous ne sommes plus crédules alors à quoi bon ! « . Et puis après réflexion, je me suis dit qu’il ne fallait pas faire d’un cas une généralité et que fort heureusement, le respect de l’intégrité physique et moral est une valeur inébranlable dans bons nombres d’établissements.  

Par ailleurs, j’ai éprouvé beaucoup de gratitude pour les professionnels qui sont à l’origine de cet ouvrage car les textes y sont clairs, concis, pertinents et emprunts de bienveillance. A cela s’ajoute les photographies, qui animent les textes avec chaleur et gaieté. 

Cette lecture m’a également permis de saisir l’essence
ou tout du moins un pan de la profession du corps médical, à travers des témoignages très constructifs dont j’ai sélectionné des extraits, pour te concocter un petit corpus de citations.

« A 16h Edith a des bouffées d’angoisses. Elle est stressée, car c’est l’heure d’aller chercher les enfants à l’école. Chez les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, certains souvenirs peuvent prendre la forme de troubles du comportement. On lui propose une poupée pour qu’elle s’occupe d’elle et ca l’apaise. Cette poupée en tissu dite empathique, fait partie d’un protocole de soins. Il faut intervenir rapidement pour dévier l’attention du résident, passer d’un stimulus négatif à une activité ludique. C’est une vraie urgence médicale. »

Parole d’un kinésithérapeute

« Alors que l’adolescent doit se créer une entrée dans la société, les personnes âgées doivent continuer de se maintenir dans le champs de la vie quotidienne »  

Philippe Gutton psychiatre

« Nous donnons aux familles les outils pour renouer les liens que la maladie peut avoir distendu. » 

Parole d’un psychologue

« Prendre soin des résidents, c’est aussi ne pas faire à la place de. Il faut toujours laisser un espace de liberté même si les troubles cognitifs gagnent du terrain. »

Parole d’une aide soignante

Les personnes âgées : « peuvent se remettre en mouvement parce que nous œuvrons dans trois directions : le psychique avec le travail de réassurance, le cognitif avec des exercices visant à renforcer la vigilance et l’attention, et le physique. »

Pierre.M kinésithérapeute

Si cet article t’a donné envie de te procurer cet ouvrage, alors tu n’as plus qu’à cliquer ci-dessous :

N’hésite pas à me partager ton ressenti, et à me suggérer des idées de lectures. 

Avec toute ma considération, 

Cassandra.

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